05/11/2018

Vaud OK; Genève KO?

La rue du Rhône est désertée par les consommateurs 'haut de gamme' depuis des lunes.

Une grande maison de joaillerie, qui y avait son siège, vient d'annoncer que, elle aussi, était malheureusement 'contrainte' de quitter Genève.

Une arcade imposante et des bureaux luxueux viennent s'ajouter aux 310'000 m2 de locaux vacants offerts à la location, sans compter les milliers de m2 de bureaux qui sortiront prochainement de terre et qui peineront à trouver preneur.

Le problème? Genève commence à déstabiliser, voire effrayer, les personnes fortunées et les entreprises florissantes.

Il y a trop de petits (et gros) nuages noirs qui se sont accumulés dans le ciel genevois.

Il subsiste certes encore quelques avantages comparatifs mais ils ne font pas le poids en rapport avec la dégradation continuelle des conditions cadre offertes au tissu économique.

Nous le savons tous, l'appareil d'État est démesuré et le coût de sa démesure augmente d'année en année.

Les prestations à la population, ou l'État social, suit le même 'trend' (proportion irresponsable de logements sociaux, etc.).

Or les recettes fiscales ne suivent pas, voire baissent.

Attendu qu'il n'est apparemment pas question de rogner sur la dimension de l'appareil, 'la qualité du service public' ou les prestations positives de l'État, cela induit automatiquement une augmentation de la pression fiscale, déjà la plus élevée de Suisse, et de loin.

C'est pourquoi les meilleurs contribuables quittent ou sont tentés de quitter Genève.

Le seul remède administré de manière constante pour compenser le manque à gagner de l'État, a été d'augmenter encore la ponction fiscale, accentuant par là même la tendance à la délocalisation de ceux qui en assurent le train de vie.

Un cercle infernal que nourrit une absence totale de courage politique pour tenter d'inverser la situation.

Et c'est dans ce contexte délétère que le PS a décidé de soutenir le référendum contre la réforme de l'imposition des entreprises (taux unique).

Et que va-t-il se passer pour Genève si le référendum aboutit et que le paquet fédéral est refusé?

En l'absence d'une manne fédérale partiellement compensatrice, Genève va-t-il pouvoir faire passer un paquet cantonal indépendant, comme l'a fait le canton de Vaud qui a institué un taux unique d'imposition à 13,79% pour les entreprises, dès le 1er janvier 2019?

Quel taux unique le canton de Genève pratiquera-t-il dès 2020 (ainsi qu'il devra le pratiquer)?

Suivant le taux retenu, Genève prendra le risque de perdre des dizaines de milliers d'emplois tant il est évident que les multi-nationales à statut fiscal privilégie quitteraient le canton, à court ou moyen terme, suivies par les sociétés imposées au barème ordinaire, selon l'avantage qu'elles pourraient tirer d'une délocalisation.

Le canton de Vaud, beaucoup plus visionnaire, serait le grand vainqueur de ce tournoi fiscal et laisserait Genève groggy sur le ring.

La prospérité de notre canton n'est pas inscrite dans le marbre, 'Post tenebras, nihil'?

 

 

 

 

 

 

 

 

15:09 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Facebook | | | |