Avocat-Député au Grand Conseil

15/08/2015

La gauche genevoise condamnée à mener une politique anti-locataire et contre l'emploi...

Que nous devons une baisse drastique de nos recettes fiscales à une politique, imposée par la gauche, de plus en plus confiscatoire sur le plan fiscal n'est pas vraiment nouveau.

Nos meilleurs contribuables sont nombreux à quitter ou à envisager de fuir l'enfer fiscal genevois, et c'est peu dire. Encore faut-il vouloir ouvrir les yeux.

Mais ne soyons pas ingrats, nous sommes également redevables à cette même gauche d'une dette abyssale, qui selon ses doctrinaires 'ne sera de toute manière jamais remboursée', résultat direct d'un État surdimensionné sans lequel, toujours selon les mêmes doctrinaires, aucune espèce de salut n'est possible.

Ce qui est nouveau, en revanche, c'est qu'après avoir épuisé les moyens de revendication du 'possible', la gauche se cantonne aujourd'hui dans un déni du réel dont les premières victimes seront inévitablement celles et ceux qu'elle prétend protéger.

Prenant le parti de l'égalité fiscale mécanique, en espérant s'attirer de la sorte le soutien de ses trop nombreux fidèles, la gauche ambitionne de 'virer' les multinationales 'parasites' qui ont le tort d'assurer au canton quelques dizaines de milliers d'emplois.

Ainsi, la préoccupation électorale de nos 'forces de progrès', passe à l'évidence avant les intérêts de leurs religionnaires.

Sinon comment expliquer le caractère irresponsable de leurs initiatives fiscales et autres référendums?

Comment une gauche sensée peut elle prendre le risque d'un chômage aussi annoncé que massif par unique motif idéologique?

Réponse: A part le 'merchandising' de produits toxiques, la gauche n'a aujourd'hui plus grand chose à offrir qui se situe dans le champ du réel afin de tenter une survie politique.

Et comme nous le savons tous, à l'instar du refoulement qui finit par se payer en névrose, tout déni du réel nous conduira inévitablement vers un précipice financier, économique et fiscal, sans évoquer les conséquences notamment en termes de logements et de capacité à fournir une aide sociale efficace.

Par ailleurs, que penser du refus de la gauche de fournir un cadre légal à la possibilité de convertir des bureaux en logements? Pour cette gauche condamnée à l'idolâtrie du dogme, il était plus important de protéger que de loger.

Une protection qui avait cependant pour effet un blocage en la matière. Avant l'entrée en vigueur de la novelle, il n'y avait de l'aveu même du DALE aucune demande de conversion déposée. 

Dès lors, une réforme de la LDTR sur ce point s'imposait. Cela ne se dispute pas. Les genevois l'ont d'ailleurs fort bien compris (cf. le résultat des votations du 14 juin 2015).

Finalement, alors que l'acquisition de son logement par le locataire en place (depuis au moins trois ans) en dehors de toute contrainte possible (cf. le droit du bail), permettrait de réaliser des économies de loyer allant parfois au-delà de 60% du loyer courant, il est fort à parier que la gauche n'aura aucun scrupule à lancer un référendum si d'aventure ce projet de loi devait être voté par le Grand Conseil.

Motif? Pas touche au vivier électoral de la gauche, même si le locataire doit trinquer et renoncer pour cela à son rêve de devenir propriétaire.

'Ce locataire n'a qu'à déménager et acheter un appartement en PPE en zone de développement' désespèrent nos 'défenseurs des masses laborieuses'.

Quoi? Un locataire ayant habité un logement depuis des décennies doit être 'déraciné' s'il souhaite devenir propriétaire?

Il y aurait mise en danger du parc locatif correspondant au besoin prépondérant alors qu'il est de 83% à Genève (le plus élevé du monde) et qu'en dehors de toute législation cantonale similaire, il n'y a que 37% de propriétaires en Suisse.

Dans le reste de l'UE, la proportion de propriétaires est de plus de 65% et le parc locatif résiduel suffit à leur bonheur.

Une acquisition par les locataires de leur logement correspond, par ailleurs, explicitement à nos invites constitutionnelles cantonales et fédérales.

De plus, après acquisition, une proportion significative de locataires bénéficieront d'un loyer de 50% moins élevé. Ainsi, il est clairement établi que l'entrée en vigueur du changement législatif projeté aura pour effet une baisse significative du niveau général des loyers.

Alors oui, on peut souhaiter une société de progrès, plus de justice sociale, plus d'égalité, de logements aux loyers abordables, etc., et ne pas être de gauche.

Cela en est même la condition nécessaire.

 

17:09 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |