Avocat-Député au Grand Conseil

01/06/2016

En Corse, on fait bien voter les morts...

A chaque contrée ses coutumes et usages.

En Corse, il fut un temps où les autorités chargées de vérifier le bon déroulement des élections ou votations s'offusquaient de ce que certains bulletins de vote étaient remplis par des personnes qui avaient déjà avalé leur acte de naissance.

Très tatillons ces Corses, un petit rien et ils se mettent à couper les cheveux en quatre ou à chipoter.

A Genève, rien à voir, on y est beaucoup plus subtil.

Prenons l'exemple du Citoyen Grobet, ancien Conseiller d'État de son état et député émérite au Grand Conseil genevois.

De sensibilité légèrement à gauche, Sieur Grobet prend une part très active dans la campagne portant sur la modification de la LDTR qui autorisera les locataires à se porter acquéreur de leur logement, comme partout ailleurs en Suisse.

C'est ainsi que dans les excellents Tribune de Genève et 20 Minutes on a pu lire, sous sa plume, que si cet assouplissement de la LDTR devait passer, les baux des locataires genevois seraient résiliés par milliers par ces 'menteurs de propriétaires' et que ces milliers de locataires abusés seraient tous amenés à devoir camper dans des petites tentes sur la plaine de Plainpalais.

Même si ces propos ne peuvent être tenus comme étant excessifs, il n'empêche que l'on ne peut éviter de ressentir un certain malaise...

D'un côté, nous avons le gladiateur Grobet commis dans l'arène référendaire alors que ce même combattant a, par ailleurs, été privé de tout armement au sein de l'arène parlementaire.

En effet, les frères d'armes du contribuable Grobet ont privé ce député d'Ensemble à Gauche de toutes ses commissions au sein du Grand Conseil, ce que nous regrettons bien évidemment vivement.

Alors de deux choses l'une, soit il s'agit d'une sanction prise à son encontre pour 'faute', ou alors cette mesure a été prise pour d'autres raisons.

Mais si ce n'est pour 'faute', se pose alors avec acuité la question de la légitimité de l'utilisation de l'aura d'une personnalité reconnue que l'on fait s'exprimer dans les médias à des fins politiques et que l'on fait par ailleurs 'taire' au Parlement.

Ainsi, on a probablement aidé à 'faire parler' un vivant. 

C'est plus subtil, il est vrai, que de faire voter un mort.

Le 5 juin 2016, les 'vivants' s'exprimeront quant à eux, en leur nom et pour leur propre compte, d'une seule voix:

OUI à la modification de la LDTR (L 5 20 - 11408).

 

 

 

 

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