Avocat-Député au Grand Conseil

14/11/2017

La gauche et son projet 'Attila'..

En matière de logement, la gauche voit loin, grand et surtout Bien.

À la manoeuvre, le Conseiller d'État, Antonio Hodgers, Chef du département de l'aménagement du logement et de l'énergie, au travers de son projet de loi (PL 12093) qui vise à redistribuer les cartes des catégories de logements en zone de développement (art. 4A LGZD), à la faveur du logement social aidé (et définit, pour partie, qui aura le privilège de pouvoir les construire).

En appui, le généralissime poly-vitaminé et multi-médaillé, Carole-Anne Kast (RPSL), à la tête de la cavalerie armée, portant haut les étendards des initiatives cantonales 161 et 162, aux couleurs notamment de l'Asloca, du PS, d'Ensemble à Gauche et des Verts.

But inavoué de l'offensive, baptisée 'opération Attila', prendre la droite en tenaille afin de la forcer à voter le texte gouvernemental, sans amendements, à titre de contre-projet (indirect), faute de quoi le risque serait grand de voir votées les initiatives 161 et 162, assassines pour toute construction de logements en zone de développement.

Sur le plan électoraliste, pour la gauche et les auteurs du PL 12093, c'est tout bénéfice:

1. La droite, terrorisée par l'éventualité d'un vote favorable sur les initiatives 161 et 162 de la gauche radicale, tient absolument à ce qu'un texte puisse venir s'opposer à ces initiatives qui vont beaucoup trop loin (impossibilité de modifier une zone (MZ) autrement que vers une zone de développement (ZD), aussi longtemps que dure la 'pénurie de logements' (définie par cette même gauche) et construction de logements subventionnés en masse dont une proportion prépondérante ne pourra être construite que par des maîtres d'ouvrage d'utilité publique (MOUP), sans but lucratif (excluant ainsi les caisses de pension, fondations de prévoyance, etc.)). 

2. Ainsi, la gauche pourra crier victoire d'avoir su faire adopter une loi (le PL 12093) qui va clairement dans le sens du logement social, en proportion, même si les conséquences dudit texte seront fortement négatives, en termes d'attractivité, pour la construction effective de logements (en ZD).

L'épouvantail à moineaux que constituent les initiatives 161 et 162 auraient des suites, si adoptées, véritablement dévastatrices pour toute construction de logements en zone de développement. L'effet immédiat en serait une chute brutale de la production annuelle, qui est aujourd'hui d'environ 2'400 unités. 

Mais, nous l'avons vu, ces initiatives sont uniquement là pour terroriser, pour contraindre, et je parie volontiers ma chemise que même la gauche n'en veut pas.

Raison pour laquelle, la droite se doit de prendre l'adversaire à son propre piège:

a. Refuser ou amender, en profondeur, le PL 12093 du Conseil d'État.

b. Prendre le risque devant la population genevoise que les initiatives 161 et 162 soient acceptées.

Si d'aventure ou par impossible, elles devaient l'être, alors les rênes de la politique du logement en ZD seraient exclusivement en mains de la gauche avec un canevas législatif élaboré par elle.

La gauche devra répondre, par devant le peuple, de la production de logements qui en résulterait, sans pouvoir rendre la droite, ou les promoteurs (par définition honnis et cupides), responsable de son échec.

J'ose une prédiction: Le balancier reviendra alors aussi vite qu'il est parti.

Alors, refusons la mort par degrés, sacrifions le court terme et osons!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

16:53 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |