13/08/2018

Genève: Tout va bien, dormez tranquille!

Tout va bien à Genève.

La preuve?

Aucune entreprise prospère ou contribuable fortuné ne songe sérieusement à quitter notre canton.

Sur ce point le Département concerné, qui n'a pas pour habitude de pratiquer la langue de bois, est formel: 'S'il est exact que quelques brebis se sont égarées, il n'empêche que le troupeau des contribuables qui paient s'étoffe, d'année en année, de plusieurs millionnaires additionnels'.

Et il est vrai que l'on est bien à Genève; on y est tondu de la manière la plus agréable qui soit.

Qu'il y ait plus de 280'000 m2 de bureaux à louer alors qu'en terre vaudoise limitrophe on ne trouve plus un seul m2 à louer n'est absolument pas parlant en soi.

Bien au contraire, l'excès de l'offre relève d'une sage planification et ne manquera pas à être absorbé très prochainement tant il est évident que nos conditions-cadre sont d'une attractivité sans pareil.

Parmi ces conditions-cadre figure bien évidemment le taux à définir par la réforme de l'imposition des entreprises, le Projet Fiscal 17.

Sachant que le canton de Vaud l'a fixé à 13,79%, dès le 1er janvier 2019, sans attendre la réforme fédérale, il serait  quelque peu risqué de proposer un taux genevois plus élevé.

Cela le serait d'autant plus qu'une consultation d'avec les milieux intéressés, notamment les entreprises multinationales bénéficiant d'un statut fiscal privilégié, a clairement démontré que ces dernières pourraient songer à se délocaliser, en Suisse ou ailleurs, si d'aventure le taux genevois devait dépasser 13,49% (le différentiel de 0,3% avec le taux vaudois s'explique par la très surannée taxe professionnelle communale en vigueur à Genève).

Aveuglés par l'esprit de consensus, alors qu'une simple majorité ferait l'affaire, certains élus, dont la sagacité et le courage politique ne sont plus à démontrer, ont avancé que le taux de la réforme à hauteur de 13,49% 'n'était pas gravé dans le marbre'.

À quoi l'on pourrait être tenté de répondre que le niveau général de l'emploi et la prospérité de notre canton ne le sont pas davantage.

Ce d'autant plus que l'on murmurerait que la suspension du bouclier fiscal ne constituerait plus un tabou si cela devait permettre de ficeler le 'package' PF 17.

Tout cela n'est pas sans rappeler les paroles d'une chanson de Jacques Dutronc: 'La prochaine fois (après avoir retourné ma veste), je retourne mon pantalon'...

Pour les gros contribuables, soit le 1% de la population, qui représente le tiers des recettes fiscales, personnes physiques, si cette suspension devait être réellement votée, cela aurait l'effet d'un tocsin sonnant l'heure de leur départ définitif du canton.

La gestion du logement et l'aménagement du territoire genevois, dont le secteur PAV, ne devrait pas non plus nous priver d'un juste sommeil réparateur.

En effet, en l'absence de toute arrière-pensée politique clientéliste de la gauche, le fait que le logement contrôlé ou étatisé, et dans la plupart des cas subventionné, soit devenu l'unique horizon en cas de modification de zone, ne doit pas réellement nous inquiéter.

Et il est faux, voire politiquement incorrect, d'affirmer que Genève deviendra ou est déjà un véritable 'Eldorado-ghetto' pour les assistés du logement.

Comment faire état d'autant d'impiété alors que le futur et hypothétique périmètre PAV ne prévoit que 62% de logements sociaux d'utilité publique (LUP), le périmètre Adret-Pont-Rouge 80%, et les zones de développement à venir 49,5%?

Et il n'y a qu'un nombre prépondérant de leurs futurs habitants qui bénéficieront immédiatement d'aides au logement dans la mesure où le vertueux Département concerné fait règle du système dérogatoire en contournant la période de carence de deux ans.

Et que dire du projet de la nouvelle gauche élargie (EàG, PS, Verts et MCG) qui prévoit de recapitaliser la CPEG au moyen du transfert des biens immeubles du PAV afin d'y ériger du logement social?

Mais là encore, le sommeil du genevois ne devrait pas en être affecté tant il est évident qu'il fera toujours bon vivre à Genève, même métamorphosé en 'banlieue à la française'.

Il est certain cependant qu'il reste une équation qui sera compliquée à résoudre: sachant que chaque habitant coûte Fr 16'400.- à la collectivité, que plus de 33% de la population ne paie aucun impôt, que les programmes susmentionnés entraîneront des déficits abyssaux, qu'aucune pression fiscale supplémentaire ne sera tolérée, que ce soit par les classes moyennes ou supérieures, que le niveau général de l'emploi risque fortement de baisser en regard notamment des incertitudes et du manque de visibilité pour ceux qui produisent, on aura besoin d'un mathématicien de génie pour nous sortir de là.

On trouvera, dormez tranquille...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

12:46 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

Commentaires

"Genève: Tout va bien, dormez tranquille!"

Je croyais que vous parliez de la sécurité.....

Écrit par : Patoucha | 13/08/2018

Excellente appréciation de la situation, comme vous le dites si bien clientélisme et lâcheté sont pour le moment les 2 mamelles des élus

Écrit par : Brunschwig | 14/08/2018

Une génération de politiques qui ne s'est pas bien foulée la rate....qui a compris comment s'enrichir, en se fichant de ceux qui les ont élus, sur leur dos!

Écrit par : Patoucha | 14/08/2018

Il est facile d'être généreux avec l'argent que l'on n'a pas. C'est surtout très pratique pour se faire élire.

Écrit par : Cohen | 15/08/2018

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