12/10/2018

Formulaire-D pour Départ définitif..

Le fait d'avoir 310'000 m2 de bureaux vacants à Genève et quasi autant en cours de construction, qui peineront bien évidemment à trouver preneur, ne devrait nullement nous inquiéter selon un élu qui se veut  rassurant (mais peu réaliste).

Le fait d'avoir une fonction publique surdimensionnée, en augmentation annuelle constante, et bénéficiant de mécanismes salariaux 'gravés dans le marbre', ne devrait pas non plus nous empêcher de dormir.

Le fait que l'état de nos finances publiques se détériorent et que cela augmente, par conséquent, la pression fiscale est un faux problème, un épouvantail à moineaux brandi par des extrémistes de droite, et qui n'affectera aucunement l'attractivité de notre canton.

Le fait que le canton de Vaud pratiquera un taux unique pour les entreprises, dès le 1er janvier 2019, de 13,79% ne saurait inciter nos employeurs (payant aujourd'hui 24%) à se délocaliser tant il est avéré que nos conditions-cadre sont inégalées. (Le canton de Vaud vient également de baisser l'imposition des personnes physiques de 3 points).

Le fait que les entreprises multi-nationales à statut fiscal privilégié passeront d'un taux d'imposition parfois inférieur à 10% à un taux dont personne ne connaît encore la quotité, mais qui risque bien d'avoisiner le 15%, ne changera rien quant au maintien de leur activité à Genève, malgré les mises en garde très clairs du Groupement des Entreprises Multi-nationales (GEM) faisant état de délocalisations probables, et donc de pertes d'emplois par milliers, si ce taux devait dépasser 13,49%.

Normal, Genève est unique et donc irremplaçable.

Le fait qu'une dizaine de projets de lois déposés par la gauche visant tous à alourdir l'imposition des personnes physiques, notamment (mais pas seulement) par une réforme ou une suspension/ suppression, du bouclier fiscal (induisant de manière non exceptionnelle des bordereaux à plus de 100% du revenu net imposable!) ne saurait inciter quiconque à quitter Genève. Selon la gauche, la tonte fiscale, malgré ces salutaires innovations, restera encore plus que raisonnable et acceptable.

Le fait qu'en matière de modification de zone, la zone de développement soit devenue l'unique horizon instituant un logement social aidé sur deux (avec quels moyens financiers?), ce pourcentage grimpant à 62% pour le PAV et à 80% pour le périmètre Adret-Pont-Rouge, ne doit pas nous surprendre car tout cela est frappé au coin du bon sens. Il faut bien loger les gens qui n'en ont pas les moyens!

Et bien évidemment, pas ou bien trop peu de constructions prévoyant des logements en propriété. Donc, exil de ceux qui souhaitent acquérir leur logement. Normal également, ils ne voteront pas à gauche. Bon débarras!

Et pour que l'ensemble genevois fonctionne, la 'Stille Sittenpolizei' veille au grain.

Sous peine d'ostracisme, il est exclu de pouvoir faire part de ce que l'on pense, voit ou ressent:

Critiquer une politique sociale quelconque=être fasciste, 'bourge' ou 'sale riche'.

Ne pas être en accord avec la pensée dominante (de gauche)=être fasciste.

Père, mère, garçon ou fille= pas bien, car référence au genre=sexiste. Attention à l'obligation imminente de Epoux 1, Epoux 2, Enfant 1, Enfant 2. (Jusqu'où cela ira-t-il?).

Être choqué ou incommodé, à titre d'exemple, par des homosexuels qui s'embrassent goulument dans un espace public=être homophobe. (Pourtant, ma sensibilité 'hétéro' se doit également d'être respectée.)

Avoir une réticence à l'encontre des agissements de l'État d'Israël en Cisjordanie=camoufler un antisémitisme latent sous couvert d'une critique présentable.

Faire état de l'intolérance de l'Islam=être un vil islamophobe. Par respect de la sensibilité musulmane: Noël=pas bien. Fêtes de fin d'année= bien.

Dire que la plupart des condamnés purgeant une peine de prison sont 'non-suisses'=être xénophobe. Constater que des noirs 'dealent'=être raciste.

Au secours!

En résumé, le déni de toute réalité (même naturelle) telle que décrite ci-dessus, ou le refus de regarder en face les conséquences possibles de nos actions ainsi que cela est pratiqué à Genève avec beaucoup d'assiduité, me plonge dans un état de profond désarroi.

Je suis profondément attaché au canton de Genève, mais là, je ne m'y retrouve plus (et les raisons ne sont de loin pas que fiscales).

Trop attaché également pour ne pas l'accompagner jusqu'à sa chute.

A partir du 15 novembre 2018, je serai donc valaisan (où je séjournais par ailleurs régulièrement depuis plus de 25 ans).

Avantages:

Comparé aux genevois, les valaisans semblent avoir les deux pieds bien parterre.

L'air que l'on y respire est pur et le son des cloches des vaches rassurant.

La fiscalité que l'on y pratique est 'durable'.

Mais, Genève me manquera malgré tout.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

08:45 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (25) | |  Facebook | | | |