Avocat-Député au Grand Conseil

16/02/2017

L'insoutenable arrogance de la gauche sur RIE III..

Encore une fois, les gens de raison ont subi le supplice d'avoir été confrontés à la 'propoganda' de gauche, cette fois sur le vote RIE III.

'Escroquerie RIE III'; 'Mieux vaut payer une infirmière, qu'engraisser un 'gros porc' d'actionnaire', affiches pro-RIE III arrachées et j'en passe et des meilleures, comme on dit...

Par ailleurs, on se souvient tous des 'sales riches' dont les têtes ont été mises à prix sur des affiches lors du vote sur les forfaits fiscaux.

Sans parler des infâmes spéculateurs qui auraient réalisé de 'juteux bénéfices' en ne proposant plus que des appartements de  '4 pièces à Fr. 5'000.-' si l'on devait, par malheur, autoriser la conversion de bureaux en logements (votation cantonale du 14 juin 2015).

Il faut bien l'admettre: la gauche, côté mobilisation, communication et marketing, il nous reste tout à apprendre.

'Médisez, mentez, instillez le doute, il en restera toujours quelque chose', disait Voltaire.

Et comme le Grand Homme avait raison.

La campagne dite 'bourgeoise' sur la RIE III respirait l'ennui tant elle s'efforçait de rester 'correcte' de peur de choquer. On aurait presque dit qu'elle essayait de se faire oublier.

En campagne électorale ou de votations, il y a essentiellement deux formes  d'intelligence, la structurée et celle de la rue que nos adversaires maitrisent à merveille. Faut dire qu'ils ont eu le temps de la travailler!

Conclusion, pour gagner, les forces majoritaires, de progrès, doivent réapprendre le 'combat de rue', faute de quoi elles ne feront plus que de brillantes analyses pour expliquer leur défaite.

Quant au vote RIE III, reconnaissons-le, un vote populaire 'éclairé' sur pareil sujet est un leurre.

Le sujet, complexe s'il en est, est manifestement une affaire de spécialistes si l'on veut en saisir la portée réelle ou globale.

Dès lors, le champ de bataille est ouvert au 'démagogique' afin que les bas instincts puissent s'y exprimer: la jalousie, la 'haine du riche' et l'envie, soit les éternels ressorts (qui fonctionnent!) sur lesquels s'appuie la gauche depuis des décennies.

Tocquevile avait déjà dénoncé ces puissants ressorts inhérents à toute société démocratique égalitariste. Je ne m'y attarde pas.

Or, au lance-flammes socialiste on oppose une 'candeur' totalement décalée, désuète et surtout d'une inefficacité affligeante.

On n'a plus le temps pour ça.

Vous voulez gagner? Sortez 'bombardiers et napalm rhétoriques' capables d'affronter l'absence totale de retenue ou de scrupules dont font montre ceux à qui nous sommes continuellement opposés.

Là on aura, peut-être, enfin une chance de remporter une votation ou une élection.

Au niveau stratégique, pour la 'droite', la campagne RIE III mérite un zéro pointé, malgré les brillantes intelligences 'structurées' qui l'ont menée.

Sur le fond, bien évidement, même si imparfaite, il aurait fallu que la réforme RIE III soit adoptée. C'est le bon sens même.

On ne va pas refaire la campagne, mais pour ceux qui ont voté contre, il n'est pas certain qu'ils aient pris en compte le montant de l'éventuelle facture à payer. Sincèrement, je me permets d'en douter.

Et avant de se précipiter dans le 'bricolage' d'un nouveau paquet fédéral avec suite d'adaptation cantonale, posons-nous également, froidement, la question du coût du maintien de notre 'business model' actuel, national et/ ou cantonal.

Dans une analyse coût/ bénéfice, qu'implique réellement le fait de conserver ces fameux 'statuts fiscaux illégitimes', dont bénéficient certaines de nos 'multi-nationales', en regard des sanctions possibles, si d'aventure on devait être 'black listé' par les cols 'blancs-bleus' de l'UE?

Cette analyse, même si pas retenue, ne mérite-t-elle pas tout au moins d'être conduite et évoquée?

Les moralisateurs de l'UE qui exigent notre totale probité et transparence (et qui ne font pas pareil, car leur morale, c'est pour les autres) sont ceux qui aimeraient nous voir 'disparaitre' afin de mettre la main sur ce qui continue d'assurer notre prospérité.

Pour une fois, il serait peut être bon de ne pas vouloir rester le premier de classe à tout prix.

L'enjeu vaut bien une retenue du jeudi.

 

15:57 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | | |