Avocat-Député au Grand Conseil

22/02/2015

Le Jour du Seigneur

Je ne rate jamais l'émission dominicale d'A2 qui nous renvoie à notre spiritualité chrétienne, sans avoir à prendre le chemin de la messe.

Juif par mon père (je ne le suis donc pas) protestant par ma mère et discrètement rejeté par les deux communautés, j'ai toujours eu l'impression d'être 'mal ajusté' ou d'être 'assis entre deux chaises'.

Ce n'est que beaucoup plus tard que je me suis rendu compte que ma place était là, entre deux chaises précisément.

Et elle a l'avantage d'offrir une perspective peu ordinaire sur les 'ajustés', confortablement assis sur leur 'fauteuil' de croyances et de convenances que la plupart considèrent comme établies pour l'éternité.

Alors en ce premier dimanche de carême, qui préfigure la Bonne Nouvelle, soit la résurrection du Christ et le 'Royaume des Cieux' pour tous, après notre passage sur terre, se pose la question cruciale de la théologie ou doctrines du salut.

C'est la grâce divine qui 'sauve' et non pas 'les bonnes oeuvres'. L'homme ne saurait décider de son propre salut. Cela n'est pas de sa compétence. Et c'est Dieu qui décide (prédestination) à qui il accorde sa grâce, même un comportement irréprochable ici bas, ne saurait l'y contraindre.

Mais les chemins de la Foi peuvent également nous mener vers le pélagianisme, savoir l'intime conviction que nos actes terrestres, librement déterminés, seuls comptent aux fins d'accéder à la vie éternelle et donc à l'immortalité.

Ou nous pouvons aller dans le sens inverse du pari de Pascal et ne pas exclure que le monde terrestre est peut-être le seul que l'on ne connaîtra jamais.

Si cela devait être, à quoi bon être sauvé et quel sens donner au 'salut'?

La réponse sera alors nécessairement 'en l'Homme' et non plus 'en Dieu'.

Et là, nous venons de quitter la religion pour la philosophie, qui tente de donner des réponses par l'emploi de notre seule raison, sans avoir recours à un Être transcendant.

Mystère immanent ou Dieu transcendant, si nous n'avions pas aussi cruellement conscience de notre finitude, nous ne nous poserions probablement pas toutes ces questions.

Le salut, intimement lié à la question de comment accepter la mort, passe nécessairement par la question morale (comment se comporter), et lorsque nous avons l'impression de faire le bien, alors nous sommes sur le chemin de plus de sérénité, composante première du salut.

Et ne l'oublions pas, tolérance oblige, il n'y a pas qu'un seul code de moralité.

Excellent dimanche.




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